1. 8. Est-ce difficile d’assurer la continuité graphique entre 2 albums ? Quelle a été la principale difficulté ?

 

D’un album à un autre, on progresse forcément dans le dessin et les personnages prennent plus de caractère, s’étoffent. Je les maîtrise mieux ; au fil des scripts des différents albums, j’en apprends un peu plus sur leurs personnalités et je pense que ça doit influencer sur mon graphisme.




La principale difficulté du tome 2 fut la recherche de la couverture. J’ai eu énormément d’avis très positifs concernant la couverture du tome 1 que je m’étais mise une pression importante pour que la couverture du 2 soit encore plus accrocheuse. Pas facile  alors d’être sa propre concurrente car une couverture d’album est la première chose que perçoit un lecteur et parmi tous les titres présents dans une librairie, il faut qu’elle soit assez attractive, attirante, visible pour qu’on ait envie de feuilleter l’album.
L’élément majeur du T2 réside dans la rencontre entre Nanami et Carolus et du marché qui va en résulter. Carolus étant un personnage inquiétant et mystérieux, cela n’a pas été facile de le mettre en scène sur la couverture. Comme je le disais plus haut, ma première couverture a finalement été refusée par Dargaud, car moins intéressante que le tome1. J’ai dû bloquer sur le sujet pendant quelques temps avant de trouver l’idée finale.

 

9. La ressemblance physique entre vous et le personnage de Nanami semble s’affirmer (surtout dans le monde des rêves, voir pages 14 et 17). Est-ce une volonté ?

 

Etonnant. Je ne pensais pas avoir une ressemblance physique importante avec mon héroïne. Je suis surprise et pourtant, en y réfléchissant, je ne le suis pas tant que ça. Il est bien connu que le dessinateur se dessine toujours un peu au travers de son personnage et involontairement, j’ai dû retranscrire certains de mes traits sur ceux de nanami.

Pour bien comprendre mes personnages, mieux retranscrire leurs gestes, postures, expressions, j’ai deux options : soit la traditionnelle observation des gens qui m’entourent, les gens dans la rue, dans des lieux que je croque (en terme de dessins, à savoir que je fais des croquis et non pas en terme cannibalesque. rires), soit je les mime devant une glace, telle une actrice apprenant un rôle. Quand Cloé fait une grimace, lorsque Djemila fait la tête, que Carolus se veut menaçant ou quand Alessandro est soucieux, il faut m’imaginer debout devant ma glace, texte en main en train de mimer et clamer le texte.

Précision capitale : non, je ne mime pas moïra !! Mon chat est là pour ça mais elle n’a subi aucun mauvais traitement !!! (Référence à l’épisode de l’ectoplasme et du chat)


 
Maintenant, c’est sûr,  vous ne lirez plus mes planches comme avant, après de telles révélations (rires).





Images trouvées sur le site de Nauriel.

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